Guide pratique · Copropriété, location, logement social

Interphone en panne dans un immeuble : qui paie la réparation ?

Rédigé par ETS Gilles & Fils, électricité et interphonie à Paris depuis 1963. Textes officiels consultés le 14 septembre 2026.

En résumé

En copropriété, la platine de rue, la centrale, le câblage et la gâche sont en principe des parties communes, sauf clause contraire du règlement. Leur réparation est payée par le syndicat des copropriétaires, via les charges, et commandée par le syndic. Le bailleur peut refacturer au locataire l’entretien des interphones, inscrit dans la liste des charges récupérables ; un remplacement ou une amélioration reste en principe à sa charge. Pour le combiné de l’appartement, tout dépend du règlement de copropriété.

Qui paie quoi : le tableau

Voici la situation la plus courante en copropriété. Votre règlement de copropriété et votre bail priment sur ce résumé.

ÉlémentStatut habituelQui paie la réparationRefacturable au locataire ?
Platine de rue, centrale, alimentation, câblage communPartie commune, sauf clause contraireSyndicat des copropriétaires (charges)L’entretien, oui ; le remplacement, non en principe
Gâche ou ventouse de la porte, clavier à code, lecteur de badgesPartie commune, sauf clause contraireSyndicat des copropriétaires (charges)L’entretien, oui ; l’installation d’un digicode, non
Combiné ou écran dans l’appartementÀ vérifier dans le règlement de copropriétéSelon le règlement : le copropriétaire du lot ou le syndicatNon tranché par les textes (voir plus bas)

Dans un immeuble qui n’est pas en copropriété, par exemple celui d’un bailleur social, le propriétaire fait réparer l’installation, puis peut récupérer l’entretien dans les charges.

Platine, centrale, câblage, gâche : des parties communes, en principe

La loi du 10 juillet 1965 appelle parties communes celles qui sont « affectées à l’usage ou à l’utilité de tous les copropriétaires ou de plusieurs d’entre eux ». « Dans le silence ou la contradiction des titres », elle répute communs notamment « les éléments d’équipement commun » (article 3). La platine, la centrale, le câblage et la gâche, qui servent à tous, entrent dans cette définition, sauf disposition contraire du règlement. L’ANIL cite d’ailleurs « l’accès à l’immeuble (interphone, digicode) » parmi les charges générales de copropriété.

Le syndicat des copropriétaires a pour objet « la conservation et l’amélioration de l’immeuble ainsi que l’administration des parties communes » (article 14). La réparation d’une installation commune est donc sa dépense, et non celle du seul copropriétaire qui constate la panne.

Le combiné de l’appartement : ce que dit, ou ne dit pas, le règlement

La loi qualifie de privatives les parties « réservées à l’usage exclusif d’un copropriétaire déterminé » (article 2). Le combiné, ou l’écran d’un visiophone, ne sert qu’aux occupants d’un logement, mais il est raccordé à l’installation commune, et l’article 3 renvoie d’abord aux titres, c’est-à-dire au règlement de copropriété.

Point à vérifier. Aucun des textes que nous avons consultés ne fixe expressément le statut du combiné : lisez votre règlement et, en cas de doute, interrogez le syndic.

On lit parfois que le décret n° 87-713 du 26 août 1987 mettrait le combiné à la charge du locataire. Ce texte ne dit pas cela : il inscrit l’« entretien des dispositifs d’ouverture automatique ou codée et des interphones » parmi les charges récupérables, sans distinguer le combiné de la platine.

Si le combiné est privatif et le logement loué, sa petite réparation pourrait être locative, sans qu’aucun texte le dise expressément. Une règle est certaine : les réparations occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure ne sont pas à la charge du locataire (loi du 6 juillet 1989, article 7 d).

Vous êtes copropriétaire : la réparation passe par les charges

Les charges des éléments d’équipement commun se répartissent « en fonction de l’utilité objective que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot » ; celles de l’entretien des parties communes, selon les tantièmes (article 10). L’ANIL classe l’interphone dans les charges générales, mais c’est le règlement de copropriété qui « fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges » (article 10) : votre part se lit dans sa grille.

Les dépenses courantes de maintenance relèvent du budget prévisionnel voté chaque année (article 14-1) ; pour les travaux hors budget, le syndic peut appeler des provisions distinctes, dont l’assemblée générale fixe le montant (ANIL).

Vous êtes locataire : ce que le bailleur peut refacturer, et ce qu’il ne peut pas

Les charges récupérables couvrent notamment les « dépenses d’entretien courant et des menues réparations sur les éléments d’usage commun » (loi du 6 juillet 1989, article 23). Pour le parc privé, leur liste est fixée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987 :

Dépense liée à l’interphoneRefacturable au locataire ?Texte
Entretien de l’installationOuiDécret n° 87-713, annexe, VII-2
Réparation d’une pièceIncertain : la liste ne parle que d’entretienDécret n° 87-713, annexe, VII-2
Remplacement de l’installationNon, en principe : absent de la listeDécret n° 87-713 ; service-public.fr (F947)
Installation d’un digicodeNon : amélioration à la charge du propriétaireService-public.fr (F31699)
Réparation due à la vétustéNonLoi de 1989, article 7 d ; ANIL

Service-public.fr parle de « la liste exhaustive des charges locatives » : une dépense qui n’y figure pas ne peut donc pas, en principe, être refacturée comme charge. Réserve : l’article 23 permet d’y déroger par des accords collectifs locaux « portant sur l’amélioration de la sécurité ou la prise en compte du développement durable ».

Le bailleur doit faire « toutes les réparations, autres que locatives » (article 6 c). Les charges étant « exigibles sur justification » (article 23), demandez les pièces justificatives en cas de doute.

Ce que le décret sur les réparations locatives dit vraiment de l’interphone

Le décret n° 87-712, du même jour, définit les réparations locatives : « les travaux d’entretien courant, et de menues réparations », consécutifs à l’usage normal des locaux et « équipements à usage privatif » (article 1). Nous avons relu son annexe en entier : elle ne cite ni l’interphone, ni le portier, ni le digicode, ni le visiophone, ni le badge. Les rubriques les plus proches visent les serrures et l’électricité (interrupteurs, prises de courant, fusibles, ampoules).

Cette liste n’est pas limitative (« notamment ») : elle ne met pas la réparation d’un interphone à la charge du locataire, sans l’exclure non plus. Surtout, elle ne vise que les équipements à usage privatif : la platine de rue et la porte d’entrée, communes à l’immeuble, n’en relèvent pas.

Logement social : la même ligne dans la liste des charges

Pour les logements HLM, la liste est fixée par le décret n° 82-955 du 9 novembre 1982. Son annexe (VII) reprend la même formule : « Entretien des dispositifs d’ouverture automatique ou codée et des interphones ». Selon service-public.fr, cette liste « peut être complétée par ce que prévoit un accord collectif » : en cas de doute, demandez à votre bailleur sur quelle base il récupère la dépense.

Le rôle du syndic : faire réparer, et agir seul en cas d’urgence

Le syndic est chargé « d’administrer l’immeuble, de pourvoir à sa conservation, à sa garde et à son entretien » (loi du 10 juillet 1965, article 18). Service-public.fr le résume : « Il doit, notamment, entretenir les parties communes ». C’est donc lui qui commande la réparation ; signalez-lui la panne, de préférence par écrit.

Le même article l’autorise, « en cas d’urgence, de faire procéder de sa propre initiative à l’exécution de tous travaux nécessaires à la sauvegarde » de l’immeuble ; selon l’ANIL, sans délibération préalable de l’assemblée générale, mais après avis du conseil syndical.

Point d’appréciation. L’article 18 ne définit pas l’urgence : elle s’apprécie au cas par cas, avec le syndic.

Locataire, prévenez votre bailleur ou son agence, et le gardien. Pour les vérifications et l’ordre des démarches, lisez notre guide Interphone ou digicode bloqué : que faire ?

Contrat d’entretien : lire ce qu’il couvre

Les textes cités dans ce guide n’imposent pas de contrat d’entretien pour un interphone : l’article 23 de la loi de 1989 ne mentionne un tel contrat que pour les ascenseurs. S’il en existe un, tout dépend de son contenu : visites, dépannages, pièces, remplacements. La part récupérable sur le locataire d’un contrat qui mêle entretien et remplacement de pièces n’est pas tranchée par ces textes : demandez le détail des prestations au syndic ou au bailleur.

En cas de désaccord. L’ADIL de votre département apporte, selon l’ANIL, des « conseils neutres, gratuits et personnalisés ».

Remplacer ou moderniser l’interphone : une décision de copropriété

Un remplacement complet dépasse l’entretien courant. Selon service-public.fr, le syndic doit inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée générale les travaux qu’il juge utiles ou nécessaires à la préservation de l’immeuble. Et « les modalités d’ouverture des portes d’accès aux immeubles » relèvent de la majorité de l’article 25 (point g).

Point à vérifier. La majorité applicable au remplacement dépend de la nature des travaux : la loi distingue notamment les travaux nécessaires à la conservation de l’immeuble (article 24) et ceux « comportant transformation, addition ou amélioration » (article 25 n). Vérifiez la résolution proposée et votre règlement.

Pour un locataire, un équipement nouveau comme un digicode est une amélioration à la charge du propriétaire. Voir nos pages Remplacement VIGIK par VIGIK+, Remplacement d’interphone à Paris et Installation d’interphone à Paris.

Questions fréquentes

Qui paie la réparation de l’interphone dans une copropriété ?

Le syndicat des copropriétaires, lorsque l’installation est une partie commune, ce qui est en principe le cas de la platine, de la centrale, du câblage et de la gâche (loi du 10 juillet 1965, article 3). La dépense suit la grille de charges du règlement ; le syndic fait réaliser la réparation.

Le locataire doit-il payer la réparation de l’interphone ?

Le bailleur peut lui refacturer l’entretien des interphones, inscrit parmi les charges récupérables (décret n° 87-713 du 26 août 1987). Pour les interphones, cette liste ne mentionne que l’entretien, et non expressément la réparation ; le remplacement, l’amélioration et les réparations dues à la vétusté restent en principe à la charge du bailleur.

L’entretien de l’interphone peut-il figurer dans les charges du locataire ?

Oui : l’annexe du décret n° 87-713 du 26 août 1987 inscrit l’« entretien des dispositifs d’ouverture automatique ou codée et des interphones » parmi les charges récupérables, et le décret n° 82-955 fait de même pour les logements HLM. Ces charges sont exigibles sur justification (loi du 6 juillet 1989, article 23).

Le combiné de l’appartement est-il une partie commune ?

Cela dépend du règlement de copropriété : la loi renvoie d’abord aux titres pour distinguer parties privatives et parties communes (loi du 10 juillet 1965, articles 2 et 3). Aucun des textes que nous avons consultés ne tranche le cas du combiné ; en cas de doute, interrogez le syndic.

Le décret du 26 août 1987 sur les réparations locatives parle-t-il de l’interphone ?

Non. L’annexe du décret n° 87-712 ne cite ni l’interphone, ni le digicode, ni le visiophone, ni le badge, et ne vise que les équipements à usage privatif ; sa liste n’est toutefois pas limitative. C’est le décret n° 87-713, du même jour, qui mentionne l’entretien des interphones parmi les charges récupérables.

Le syndic peut-il faire réparer l’interphone sans vote de l’assemblée générale ?

Le syndic entretient l’immeuble et peut, en cas d’urgence, faire exécuter de sa propre initiative les travaux nécessaires à sa sauvegarde (loi du 10 juillet 1965, article 18) ; l’urgence s’apprécie au cas par cas. Un remplacement complet est en principe soumis à l’assemblée générale.

Dans un logement HLM, qui paie l’entretien de l’interphone ?

Le bailleur social règle la dépense, puis peut la récupérer dans les charges : l’annexe du décret n° 82-955 du 9 novembre 1982 inscrit l’entretien des interphones parmi les charges récupérables. Selon service-public.fr, cette liste peut être complétée par un accord collectif.

Qui prévenir quand l’interphone de l’immeuble ne fonctionne plus ?

Copropriétaire, prévenez le syndic ; locataire, votre bailleur ou l’agence qui gère le logement, et le gardien s’il y en a un. Notre guide Interphone ou digicode bloqué : que faire ? détaille les vérifications sans risque et l’ordre des démarches.

Textes et sources officielles

Consultés le 14 septembre 2026. Ce guide ne constitue pas un conseil juridique et ne remplace ni votre règlement de copropriété, ni votre bail.

Syndics, gestionnaires, bailleurs : faites diagnostiquer l’installation

ETS Gilles & Fils dépanne, remplace et installe les interphones, visiophones et digicodes d’immeubles à Paris et en Île-de-France, avec des équipes basées dans chaque département. Le diagnostic identifie l’élément en panne : un premier pas pour savoir qui paie.